Noeuds - raccords - ligatures  - astuces de finition

I

Introduction :

 La réussite c’est 50 % la mouche, 50 % la présentation ; et la présentation, c’est d’abord une ligne équilibrée et un bas de ligne qui se déploie bien ; ce dernier devra donc bien sûr être bien étudié au niveau des différentes longueurs et  épaisseurs de ses segments (dégressivité ou progressivité) mais aussi avoir de bons raccords et de bons nœuds… c’est l’objet de l’exposé d’aujourd’hui qui se veut davantage pratique que théorique.

 

Les poissons rient parfois de nos mouches, mais en aucun cas ne les laissez pas rire de vos nœuds ! (seuls les arbres peuvent avoir le dernier mot) ; les meilleurs nœuds ne nous empêchent pas de casser de temps à autre mais comme disent nos voisins Anglais, « We all lose fish » ; un bas de ligne ou sa pointe vieillisse, et la casse augmente de probabilité avec l’usure, bien qu’elle soit souvent la conséquence de la faute du pêcheur.

 

Plus facile à dire qu’à éviter, d’accord, mais voyons ou revoyons quelques principes immuables…

 

 

Du moulinet à la soie – de la soie au bas de ligne – du bas de ligne à la mouche  la mouche elle–même (au montage)

 

Le backing :

une 1ère chose, c’est de bien doser la quantité de backing nécessaire, pour qu’une fois la soie montée, celle-ci remplisse suffisamment la bobine, disons qu’elle affleure à 5 - 7 mm la périphérie de celle-ci (PHOTO 1a & 1b).

 

 pas plus parce qu’au-delà, ça risque de bourrer voire de coincer au rembobinage, pas moins sinon la soie est conditionnée sur un faible diamètre qui favorise la mémoire ; la méthode, rappelons-le, c’est d’enrouler la soie directement sur le moulinet, d’ajouter le backing à son extrémité par un nœud provisoire quelconque, et de remplir jusqu’au repère précédemment décrit, de couper le backing de sa bobine d’emballage, et de tout remonter en sens inverse ; si le moulinet est bien choisi pour la soie, on aura alors une quantité de backing adaptée, par exemple avec un équipement truite rivière, de 15 à 20 m de backing de 20 Lbs de réserve, plus que suffisant pour nos cours d’eau, sauf cas exceptionnel, en réservoir peut-être un peu plus de longueur si on traque de la grosse bête et encore… ; de toute façon, les modèles modernes de moulinet type « Large Harbor » ne permettent que rarement de dépasser ces valeurs (le fabricant indique souvent la longueur de backing à prévoir pour un profil et un N° de soie donnés) ;

On pourra employer les nœuds suivants :

Fixation du backing au moulinet : (PHOTO 2)

 

 

Rien de bien compliqué, un nœud coulant pour bien le glisser jusqu’à l’axe de bobine, éviter quand-même de serrer comme une brute, certaines bobines en serait fragilisées avec le temps ;

 

Fixation de la soie au backing : j’opte personnellement pour une solution démontable, polyvalente d’utilisation : une boucle très large faite à l’extrémité du backing ira se connecter à une petite boucle fixée à l’extrémité de la soie, par une attache classique boucle dans boucle : la soie peut ainsi être rapidement ôtée pour être nettoyée complètement entre deux sorties, ou stockée en fin de saison, ou pour changer de soie sur le même moulinet… Je n’y vois que des avantages, si la soie doit sortir complètement (vous êtes un bon lanceur, ou une « locomotive » qui pulse de l’autre côté, à moins que ce ne soit un véhicule accroché lors du lancer arrière sur un parcours urbain) cette boucle ne gênera en rien le passage dans les anneaux ;

Procédure : avec un backing en tresse creuse (même fin, 20 Lbs) et à l’aide d’une aiguille à épisser ou d’un petit crochet de couturière, faire une chaussette classique (voir plus bas) en bouclant la tresse sur elle-même très largement (+/- 20 cm) pour permettre le passage du moulinet dedans ; par sécurité on fera ressortir puis re-rentrer le brin libre et on collera la jonction avec un point de colle cyanoacrylate (parcimonie) (PHOTO 3)

 

 

 

 Côté soie, on formera une boucle, d’un procédé choisi différemment selon qu’il s’agira d’une soie double fuseau ou d’une soie à fuseau décalé:

 

-                          Si la soie a un profil WF, elle ne pourra évidemment être montée que dans un seul sens et il sera utile de marquer le côté à relier au backing par un type de boucle ou une couleur de ligature toujours identiques pour être repérée d’emblée comme le côté moulinet même si on change la soie plusieurs fois de support ; en outre, on peut la marquer au feutre permanent ou au feutre plastifiant pour indiquer son N° : c’est particulièrement utile si vous avez plusieurs soies d’une même série mais de profil et de N° différents ; ex : 4 points noirs suivis d’un trait noir signifient : soie WF 4 côté backing (les mêmes en points orange ou rouge seraient reportés côté pointe vers BdL) ;  pour le côté backing, j’opte personnellement pour une chaussette (détail de procédure plus loin), ou encore une boucle faite avec la soie taillée en biseau à son extrémité, repliée sur elle-même et ligaturée avec soit du fil de montage soit de la floche très fine d’une couleur que l’on choisira justement comme repère côté « moulinet » (PHOTO 4), cyanolitée légèrement puis enduite de vernis souple ; ces deux types de raccord ne sont pas d’une extrême finesse mais de ce côté c’est suffisant et fonctionnel ;

 

 

 

 

-                          Si la soie a un profil DT, comme on sera tenté après quelque temps d’utilisation et donc d’usure de retourner la soie pour pêcher avec le fuseau symétrique qui restait au fond du moulinet (censé être moins usé que l’autre bout après une saison de pêche) on aura intérêt à avoir prévu des 2 côtés une boucle soignée pouvant raccorder proprement un bas de ligne et le présenter sur l’eau ; c’est ce type d’attache que je vais décrire ci-après ;

 

Raccords soie-bas de ligne :

 Rappels sur les classiques (chaussettes, nœuds à l’aiguille, raccord Piam…) ;

 Je ne suis plus partisan des chaussettes pour attacher les BdL à la soie pour plusieurs raisons : bien qu’elles aient des côtés intéressants (simplicité de réalisation notamment au bord de l’eau, bas de ligne interchangeable, faible coût, solidité relative…) elles annihilent l’avantage de finesse d’une soie de petit numéro, s’encrassent en emprisonnant des impuretés dans la tresse pour une pêche en sèche, donnant alors une tendance à faire couler la pointe de soie, provoque souvent une cassure dans la transmission de l’énergie de l’ensemble soie – talon du BdL, ont une prise au vent (de face), et la boucle tissée s’écrase et se recroqueville avec le temps ; c’est moche ; je ne parle même pas des manchons épais, rigides ou trop longs qui butent dans les anneaux, qui collent mal, cisaille avec le temps la soie, voire laissent votre chaussette + BdL tout entier partir avec le poisson ou décorer les arbres si on n’a pas collé le dispositif (voir une chaussette + BdL + mouche pendouiller à une branche, c’est toujours une bonne occasion de rigoler un bon coup) ou raidissent les derniers cm de soie si au contraire on a imbibé de cyano ; bien que certains en soient inconditionnels pour toutes les pêches (Roman Moser et ses « minicon »), je les réserverai plutôt pour des pêches lourdes avec du matériel lourd, ou des lignes plongeantes, notamment les transparentes (j’y reviens après) en tout cas il y a bien mieux à faire sur le matériel léger ou très léger, soie de 5 et moins.

Dans ces cas de ligne fine, le problème est toujours la jonction entre une pointe de soie fine et souple avec un nylon de 40 à 60 /100 raide donc délicat à nouer ; le raccord Piam semble idéal puisqu’il ne comporte pas de nœud ; attention cependant à ce que la pointe de soie chauffée à l’aiguille ne soit pas trop fondue lors de l’opération ; la butée faite par l’extrémité du nylon brûlée à la flamme pour faire une petite boule pourra se placer contre quelques tours de fine ligature avec un léger coup de vernis histoire d’assurer une longévité correcte (démonstration).

 

L’épissure classique faite avec un nœud au tube est plus sûre encore et l’est encore davantage si on a percé l’extrémité de soie sur quelques mm avant de la confectionner ;

Enfin, certains (Dipteria31) utilisent un simple enfilage collé sur le principe du raccord Piam sans faire ressortir le nylon de la soie, celui-ci est taillé en biseau au rasoir ou au scalpel, la soie est évidée de son âme sur environ 0.8 à 1 cm avec une aiguille chauffée au briquet, le nylon enduit de cyano « lente » de préférence (bouchon ou tube jaune) est enfoncé jusqu’à butée et le tour est joué ; je ne sais pas si ça tient, mais on ne fait pas mieux question finesse ; là aussi pourquoi pas compléter la jonction par quelques tours de ligatures de fil ou soie de montage de couleur, qu’on enduira d’un vernis souple genre Softex ;

 

Ces trois derniers systèmes ne permettent hélas pas de changer le BdL entier sur la même soie ce qui est un manque surtout en Réservoir, mais aussi en rivière si les conditions changent (vent qui se lève, pêche sous les branches qui suivent une pêche sur un grand lisse, arrivée du coup du soir avec la baisse de visibilité, ou tout simplement bas de ligne qui a touillé/coqué et devenu bon pour la réforme ; une solution serait donc de boucler la soie au BdL avec un compromis de finesse et de solidité acceptable ; Voici ce que j’ai adopté :

 

Réalisation d’une boucle de nylon ligaturée :

 

Prendre un segment de nylon fort (35 à 45/100), le plier modérément à l’aide d’une pince en laissant le brin libre de 2-3 cm, repérer les parties à joindre (contact sur +/- 1cm) (prévoir au-dessus une boucle d’1 cm de profondeur minimum) , les écraser légèrement une par une avec la pince sur des plans les plus parallèles possibles, ceci fait une jonction plate de surface striée qui offrira un bon accrochage ; poser un point de cyano à l’aiguille au milieu de l’une des 2 zones à mettre en contact, rejoindre les deux (à l’aide des 2 mains) la colle diffuse par capillarité, souffler, laisser sécher un instant, vous êtes prêts pour l’étape suivante si vous avez réussi à ne pas coller ni vos doigts ni vos lèvres : retailler au coupe-fil et en biseau l’extrémité du brin replié ; sécuriser par un nouveau passage léger de colle cyano après séchage complet du 1er ; réaliser une couverture en ligature de fil de montage ou de floche très fine, nœud final en whip finish ; enfin un coup de vernis souple sur l’ensemble de la ligature fignolera le tout (PHOTO 5a). Par comparaison, vue en gros plan avec une boucle nouée (PHOTO 5b).

 

 

 

 

Réalisation d’une chaussette-raccord en tresse creuse (pour rappel) :

 

Elles sont vendues toutes faites en pochettes de 3 mais sont chères et/ou grossières ; on peut très facilement s’en fabriquer avec du backing tissé, des petits manchons en gaine souple (scoubidou ou plus fin si vous trouvez) une aiguille à crochet de mercerie (ou mieux l’aiguille spéciale GUDEBROD distribuée chez Ardent mais qui malheureusement n’est plus vendue seule) et un peu de colle cyano ; on fait une boucle qu’on repasse à l’intérieur de la tresse et dont on colle la superposition (1.5 cm au moins) à la cyano (démo) ; lors du montage sur la soie, il faudra bien pousser celle-ci jusqu’à la limite de cette partie doublée pour ne pas faire de mou entre la boucle elle-même et la pointe de soie (PHOTO 6) ;

 

  

Il vaut mieux savoir la faire car ce raccord est de rigueur pour la connexion au BdL des soies transparentes (de type intermédiaire)qui de structure pleine ne peuvent être percées à l’aiguille ; d’autre part le matériau qui les compose n’accepte pas toujours bien la cyano alors que la matière tissée le fait très bien ; la pointe de soie est donc à enfiler dans au moins 3 cm de tresse et on sécurise soit par un manchon de +/- 1 cm serrant bien, soit par une ligature en floche fine avant de cyanoliter. Veiller à ne laisser aucun brin de tresse libre dépasser derrière le manchon ou la ligature (PHOTO 7).

 

 

 

Rappel de quelques nœuds du bas de ligne, à savoir faire au bord de l’eau :

 BARIL – ½ CHIRURGIEN – NŒUD DE POTENCE – LA BOUCLE PARFAITE – LA MINI BOUCLE - NŒUD DE LA MOUCHE : NŒUD DE CUILLER OU NŒUD DE PENDU…

 Voilà sept nœuds indispensables à savoir faire par cœur et sans outil (et même pour certains dans le noir complet, dixit Daniel) ; le baril est incontournable pour joindre des fils de grosse section (20/100 et au-delà) tandis que le 1/2 chirurgien sera plus pratique pour les diamètres inférieurs ; des variantes existent de ces formules de base, notamment celle avec l’idée de doubler un des 2 brins voire les 2 (Laurent) ; le nœud de potence est très utile pour ajouter une mouche ou deux sur un long bas de ligne pour peu que les sections nouées soient assez longues (prévoir 20 cm de potence et 70 cm mini entre deux mouches) et ainsi passer à un train de mouches improvisé sans tout devoir démonter ; Toujours veiller à faire 5 tours minimum, sauf pour les nylons forts du haut du BdL, voire davantage si on raccorde des nylons de marque différentes (ce qui est déconseillé : risque accru de glisse en cas de touche violente) (rappel d’Henry) ; les schémas de ces nœuds très connus sont dans tous les bons ouvrages ;

 

La « boucle parfaite » nous est détaillée par Daniel qui a donné du fil à retordre (sans jeu de mot) à tout le monde (merci à ma fille Chloé qui a gentiment prêté une demi-livre de scoubidous) (PHOTOS 8 A à F); cette boucle est vraiment la meilleure qui soit, solide, droite, facile à faire même pour des yeux usés ; sa seule limite est un contrôle difficile de la longueur de la boucle dans le cas où on cherche une toute petite taille.

 

 

 

La mini-boucle permet de conserver un BdL longtemps sans le voir se raccourcir au fur et à mesure des changements de pointe : sachant qu’un BdL à nœud est composé d’un talon, d’une partie médiane et d’une pointe, et que c’est cette dernière qui souffre le plus, son changement régulier empiète sur la longueur du segment plus haut et donc la longueur de l’ensemble donc l’équilibre du BdL finit par s’en trouver modifié ; pour la réaliser je procède à un nœud de pendu serré sur une forte aiguille à coudre tenue verticalement dans un étau, petit coup de cyano sur le nœud lui-même, dégager et le tour est joué (PHOTO 9, ici en fil fluo pour la photo).

 

 

 

Le nœud optimisé : on propose sur le marché des produits comme une colle UV « KNOT SENSE »ou le gel KNOT PERFECT (GERKHE’S made in US); ils semblent prometteurs mais je n’ai pas assez de recul pour confirmer leur efficacité ; le 1er est une sorte de colle transparente qui sèche si exposée à la lumière, à appliquer sur le nœud fini ; le 2ème est un gel très liquide qui s’applique juste avant un serrage complet du nœud, à la limite du point de rupture, permettant un écrasement « collé » et donc une réduction de volume du nœud qui ressemblerait alors à une mini perle transparente ; sinon le plus simple et le moins coûteux c’est un point de cyano sur le nœud fini (dans le gilet de pêche, la cyano protégée dans son tube vert est « ultra rapide » et pratique); dans tous les cas de nœuds collés on doit pouvoir se permettre de couper les brins de nylon au ras du nœud pour gagner en finesse (PHOTO 10).

 

 

 

Pour fixer la mouche, le nœud de cuiller (Berkkk… j’entends au fond de la salle) alors d’accord pour les grosses mouches et les 18 / 100 et supérieurs : précaution : laisser la mouche libre de tourner sous les doigts tenant le nœud au cours du serrage ;

Le nœud de pendu : bien pour les petites mouches, facile à effectuer, un nœud qui glisse et se serre en butée contre l’œillet ;

Le nœud de Turle : Daniel nous explique ce nœud sans doute le meilleur : facilité, solidité, tenue et surtout petit volume, c’est utile pour les petites mouches sèches et des poissons qui pinaillent (PHOTO 11 A à C).

 

 

 

ET TOUJOURS MOUILLER LE NYLON AVANT SERRAGE !

 

 

Quelques nœuds de base dans le montage des mouches :

 

Rappels et démo sur la fixation de départ de la soie de montage, sur le nœud de finition (Whip finish) : manuel (un coup à prendre, mais il faut persévérer !) ou à l’outil demi-clé (pour les pressés), la pince brucelles coudée (eh oui, mais c’est le même principe que l’outil à ½ clé, sauf que là c’est la pince qui se ferme sur l’œillet), ou encore l’outil rotatif, mon préféré car permettant tous les types de fixation d’arrêt : à l’œillet, derrière une collerette, un thorax, bref à des endroits parfois difficiles ou la main peut bidouiller, du moins pour les monteurs débutants ou moyens… 

 

 

Vernir ou coller le nœud final : une astuce pour petites mouches ou un espace de finition restreint : faire un nœud final à l’outil rotatif, laisser pendre l’outil sous une petite boucle, déposer un point de colle à l’aiguille à dubbing sur cette boucle de fil, puis dégager l’outil et tirer pour fermer le nœud qui se « soudera » définitivement (PHOTO 12).

 

 

 

Enfin au sujet des SOIES je rappelle ce qui d’après de nombreux moucheurs semble être la meilleure façon de les nettoyer (surtout les flottantes) et donc de prolonger sa durée de vie :

 

En fin de partie de pêche, enlever les mouches et faire un dernier long lancer sur l’eau ou sur l’herbe pour dévriller la totalité de la soie en la rembobinant, pincée dans un chiffon doux propre, une fois à la maison ôter la soie du moulinet en l’enroulant sans trop tendre sur un support de bon diamètre (15 cm à plus), anneau plastique de cerf volant ou autre percé de multiples trous sur sa gorge, plonger dans l’eau tiède et laisser tremper plusieurs heures (PHOTO 13 & 14), puis bien essuyer la soie avec un disque de coton à démaquiller (rien de tel pour décoller les impuretés sans agresser le revêtement) lors du remontage sur le moulinet ; pas de détergent, dégraissant aucun au risque d’altérer les qualités de l’enduit de surface ; à la limite, un peu de savon de Marseille en paillettes ; l’emploi de produit améliorant la glisse de la soie pourra se faire en arrivant au bord de l’eau ou en cours de partie de pêche ; néanmoins certains les déconseillent formellement.

 

 

 

A vos fils…

 

Références & bibliographie : innombrables !!!!!!

                         Pêche mouche : divers N°s

                        Cd-rom ou DVD les nœuds de pêche (Vidéotel)

                        Sites Web : Gobages.com      Dipteria31.fr

   

Club Mouche IMAGO - Saint-Saulve (Yves - 117 décembre 004)

  Cliquer pour contacter l'auteur : Yves

  

Remonter